Compte-Rendu Bunker Talk du 31 mars 2020

Les 15 punchlines du BunkerTalk 01

Instinct Collectif est une série à durée indéterminée, qui plonge à l’intérieur de la crise Covid-19.

Lancée aux premiers jours du confinement, elle met en relation les entrepreneur.e.s retranché.e.s dans leurs « bunkers » respectifs.

Avec trois objectifs :

• Libérer la parole au travers d’interviews et de Talks entre pairs ;

• Capter et archiver ces moments inédits pour en tirer des enseignements ;

• Rendre la solidarité concrète grâce à l’échange de bonnes pratiques, voire de compétences et de services.

Le premier Talk organisé hier soir a permis aux entrepreneur.e.s présent.e.s de faire le point sur ces premières semaines de confinement et d’échanger sur les urgences à gérer, sur le moral des collaborateurs ou encore sur les perspectives de sortie de crise.

Quinze remarques qui nous ont fait adhérer, sourire ou réfléchir :

#intelligence collective #bunkerpower

#1

« Avec 50 collaborateurs, je fais attention de parler à tout le monde régulièrement. La première semaine c’était facile pour gérer le volet social, mais après il faut tenir dans la durée. J’organise un roulement, j’essaie de rester optimiste… La charge mentale est importante tout de même. J’ai un fichier qui s’appelle “Covid-19-Management”, il me prend la moitié de mon temps. »

#2

« En ce moment, on jongle avec les  “si”. C’est comme si on avait tous un Rubik’s Cube qui change de position pendant la nuit. Un Rubik’s Cube dynamique ! »

#3

« L’un des mes principaux clients - dans l’aviation - est en grande difficulté. La question se pose : continuons-nous à travailler avec lui, au risque de ne jamais être payés s’il fait faillite ? Nous avons décidé de poursuivre. S’il s’en sort, il nous sera fidèle pour vingt ans. »

#4

« Ce qui domine : la confusion. La perspective de fin de crise est lointaine. Nous sommes les capitaines dans la tempête : face aux équipes il faut être encourageants, positifs, garder de l’enthousiasme… alors que dans nos vies personnelles il faut gérer le télétravail, les enfants, les trois repas par jour. Trois repas par jour, finalement c’est beaucoup non ? »

#5

« La trésorerie, c’est notre sujet à tous. Cash Is King. Il faut une gestion saine pour se laisser la “chance“ de voir les crises arriver. Même si ça peut paraître indécent à ceux qui vont perdre leur emploi, je veux dire que dans cette tourmente il peut être bon de remettre en cause nos certitudes. »

#6

« Je reste prudent sur ces histoires de report de charges. Parce que tout reporter, ça peut être un piège aussi, en sortie de crise. Comment on fera pour raccrocher, avec une trésorerie exsangue ? »

#7

« Au total, nous avons deux millions d’euros de chiffres d’affaires qui ont été coupés en trois semaines… C’est rude. La première semaine, j’ai plongé en enfer. Mais il y a trois ans, notre directeur financier avait failli planter la boîte en détournant une somme importante. On avait rebondi, on avait musclé sensiblement la comptabilité et la tréso. C’est ce qui nous sauve aujourd’hui. J’en tire la conviction que chaque crise nous aide à traverser la suivante. Ce que nous apprenons aujourd’hui avec le Covid-19 nous sauvera demain. »

#8

« Notre fédération nous a aidés à interpréter les dispositions d’aide gouvernementale, qui restent plutôt confuses. Le poids du nombre est important dans ces cas-là. »

#9

« Je commence à voir des opportunités à saisir, tout le monde ne va pas survivre, je vois la crise actuelle comme une manière de se réinventer, de développer d’autres business models. »

#10

« Nous organisons un évènement en septembre, qui représente 25% de notre chiffre d’affaires annuel. Pourra-t-il être maintenu ? Aucune idée. Mais on n’a pas le choix : on le prépare comme s’il était toujours d’actualité. C’est le piège parfait. Mais je suis convaincu qu’il faut continuer à travailler pour construire demain. On peut, on doit être dans le développement commercial, même en ces temps troublés. Ne rien faire pendant 3 mois serait un vrai risque pour la suite. J’ai demandé à tous mes chefs de projet de trouver au moins 5 prospects avec qui échanger en avril. »

#11

« Les subventions, il vaut mieux les demander quand la boîte va bien plutôt qu’en dernier recours et pourtant c’est une erreur fréquente : les gens arrivent quand ils sont au bout du bout. Evitez de faire ça de manière opportuniste, vous y avez droit, n’attendez pas le dernier souffle pour aller les chercher. »

#12

« Jusque-là, on était plutôt bons sur la prospection prospection digitalisée - Linkedin et autres. Nos clients potentiels ont le téléphone qui sonne tout le temps, c’était destructeur de valeur pour nous d’arriver entre deux calls de prospection, alors on misait sur le digital. Mais désormais, on va être plus nombreux sur ces canaux-là. Il faut donc se réinventer, faire la démonstration des futurs possibles. »

#13

« Moi je veux des certitudes : je contacte mes clients historiques pour m’assurer qu’ils sont contents, que les contrats seront reconduits en sortie de crise. On prend du temps pour leur parler et pour produire du contenu, pour être visibles, intéressants. »

#14

« Je profite du confinement pour faire les fiches de poste, les éléments de structuration de l’équipe, etc : tout ce qu’on veut toujours faire… et qu’on n’a jamais le temps de faire en temps normal. »

#15

« Aurions-nous pu préparer le scénario du pire ? Franchement, non. Même Hollywood ne l’a pas anticipé, ce coup-là. Et le temps long pourrait s’avérer aussi compliqué que le temps court actuel, malgré la violence de ces premières semaines. La crise frappe tous les pays, mais en décalage temporel.  La reprise va être chaotique. Quid du 2e semestre 2020, voire du premier semestre de 2021, moi c’est mon inquiétude : à quel moment ça va vraiment repartir ? »

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